La mention des centres d’intérêt sur un curriculum vitae continue de diviser les recruteurs, malgré leur omniprésence dans les candidatures. Certains secteurs valorisent explicitement les loisirs intellectuels, tandis que d’autres les considèrent superflus, voire contre-productifs. Une passion pour la lecture, communiquée sans nuance, peut renforcer un profil… ou susciter le doute sur ses compétences relationnelles. Les critères varient selon le poste, l’entreprise et le contexte culturel.
La lecture, un centre d’intérêt souvent sous-estimé sur le CV
Inscrire la lecture parmi ses centres d’intérêt sur un CV, ce n’est jamais anodin. Cette rubrique n’est pas obligatoire, mais rares sont les candidats qui s’en passent, en particulier ceux qui débutent ou se reconvertissent. Elle compense une expérience professionnelle encore légère, mais suscite une interrogation : faut-il vraiment mentionner une passion aussi répandue ?
On retrouve la lecture sur bien des candidatures, parfois reléguée à un simple mot, parfois précisée avec soin. Derrière cette habitude se cachent des enjeux réels. Dire qu’on aime lire, c’est affirmer une curiosité intellectuelle, un rapport au savoir, une capacité à se concentrer et à aller au fond des choses. Ces qualités résonnent dans de nombreux environnements professionnels, bien au-delà du loisir récréatif.
La rubrique des centres d’intérêt sert alors de tremplin, notamment pour ceux qui n’ont pas encore un parcours étoffé à présenter. Elle peut devenir un vrai point d’accroche lors d’un entretien, à condition de dépasser la simple mention « lecture » et d’entrer dans le détail : littérature contemporaine, essais économiques, bande dessinée, ou encore participation à des clubs ou événements littéraires. Une indication floue ne suffit plus à sortir du lot.
Quels atouts la passion pour la lecture peut-elle révéler aux recruteurs ?
En abordant la lecture dans la rubrique des loisirs, le recruteur ne se contente pas d’un passe-temps. Il cherche à percevoir des traits de caractère, des aptitudes transversales, parfois difficiles à déceler ailleurs sur le CV. Lire régulièrement n’est pas qu’une question de goût personnel ; cela trahit une posture active face à la complexité, le goût de la nuance, voire la capacité à évoluer dans des univers variés.
Voici plusieurs aspects concrets que la mention de la lecture peut mettre en lumière :
- Compétences comportementales : L’habitude de lire affine l’esprit critique, encourage l’argumentation raisonnée et développe une écoute attentive. Ces aptitudes, recherchées pour des postes nécessitant discernement et finesse, se cultivent souvent loin de l’écran, au fil des pages.
- Traits de personnalité : Se passionner pour la lecture suppose patience, persévérance, autonomie. Lors d’un entretien d’embauche, aborder ce centre d’intérêt permet de révéler ces qualités, parfois invisibles dans la simple énumération d’emplois antérieurs.
- Affinités culturelles : Afficher un attrait pour la lecture, c’est aussi signaler une ouverture à d’autres points de vue, une disposition au débat d’idées, une curiosité envers la diversité des cultures. Un détail qui peut peser dans des équipes où l’échange et l’esprit d’équipe sont valorisés.
La rubrique centres d’intérêt devient alors un tremplin. Elle ouvre la porte à une discussion plus personnelle avec le recruteur, qui pourra ainsi découvrir des compétences et des dimensions humaines que ni la formation ni l’expérience professionnelle ne suffisent à révéler.
Sur un CV, chaque mot compte. La lecture, loin d’être un simple loisir, peut se transformer en atout si elle est partagée avec justesse, et si elle résonne avec l’offre et la culture de l’entreprise. Mentionnée habilement, elle dessine le portrait d’un candidat attentif, tourné vers l’échange et l’apprentissage. Les pages que vous tournez aujourd’hui pourraient bien dessiner demain le fil de votre parcours professionnel.

