Depuis la nomination d’Agathe Monpays à la tête de Leroy Merlin France, des critiques circulent en ligne. Distinguer ce qui relève de décisions de direction et ce qui tient à des pratiques locales conditionne la qualité de l’analyse.
Qui est Agathe Monpays, directrice générale de Leroy Merlin France ?
Agathe Monpays dirige Leroy Merlin France, une enseigne appartenant au groupe Adeo, qui regroupe plusieurs chaînes de bricolage à l’échelle européenne. Cette appartenance à un grand groupe a parfois nourri des commentaires en ligne qui ne reflètent pas forcément ses choix personnels de direction.
Les controverses Leroy Merlin : ce qui remonte vraiment sur la directrice
Quand on cherche ce qu’on reproche concrètement à la directrice de Leroy Merlin, plusieurs sujets distincts apparaissent. Les confondre rend l’analyse peu fiable.
Le premier concerne un listing d’intérimaires commenté de façon dénigrantee, découvert sur une plateforme logistique à Valence. Une enquête interne a été ouverte, mais ses conclusions ne sont pas publiques et aucun lien direct avec Agathe Monpays n’a été établi dans les sources disponibles.
Le deuxième sujet porte sur les relations syndicales chez Leroy Merlin. La CGT Leroy Merlin a publié des éléments sur des faits de discrimination syndicale, relayés par Mediapart. Les informations accessibles ne permettent pas d’attribuer ces pratiques à une décision personnelle de la directrice générale.
Un troisième dossier concerne une décision de la Défenseure des droits sur l’organisation des jours de repos d’un couple de salariés de l’enseigne. Il s’agit d’une pratique RH locale, pas d’une orientation définie au niveau national.

Ce que la directrice peut vraiment être tenue de décider à l’échelle nationale
La distinction est simple à poser. Une directrice générale fixe des orientations larges : politique commerciale, priorités RH nationales, communication, engagements environnementaux. Elle ne supervise pas chaque recrutement d’intérimaire dans chaque entrepôt régional.
Les questions qui relèvent réellement de son périmètre sont les suivantes :
- La politique de données clients : comment Leroy Merlin collecte, utilise et protège les informations personnelles de ses acheteurs, un sujet sensible dans la distribution depuis plusieurs années.
- La stratégie de rénovation et de recyclage : Leroy Merlin a pris des engagements environnementaux visibles. La directrice est responsable de leur mise en oeuvre concrète.
- La culture managériale nationale : si des pratiques de discrimination syndicale ou de gestion des équipes se répètent dans plusieurs régions, elles finissent par relever d’une politique d’entreprise, donc de la direction générale.
- La réaction aux crises d’image : quand Leroy Merlin a retiré ses publicités de certains médias, c’est une décision qui engage la direction au plus haut niveau.
Le retrait de publicités sur Frontières : une décision qui engage la direction
Un autre sujet a circulé : le JDD a rapporté que Leroy Merlin avait retiré ses publicités du média Frontières, dans un contexte qualifié d' »opération de déstabilisation ». Ce type de choix, qui touche directement à la stratégie publicitaire et à l’image de marque, entre bien dans le périmètre d’une directrice générale.
C’est là que la confusion est la plus fréquente dans les échanges en ligne. Beaucoup de reproches adressés à « Leroy Merlin » concernent des décisions d’enseigne, pas des actes personnels d’Agathe Monpays. Mais ce retrait publicitaire précis, lui, engage bien un choix stratégique de communication au niveau de la direction.
Pourquoi distinguer pratiques locales et décisions de direction ?
Dans les grandes entreprises, les scandales remontent systématiquement vers la direction, quelle que soit l’origine réelle des faits.
Tenir une dirigeante responsable de chaque incident local revient à rendre l’analyse impossible. Si un responsable d’entrepôt à Valence crée un fichier discriminatoire, c’est un problème grave, mais il faut d’abord savoir si cette pratique est tolérée, encouragée ou sanctionnée par la direction nationale.
Ce que les sources disponibles permettent de dire, c’est qu’une enquête interne a bien été lancée après la découverte du listing dénigrant. Ce geste suggère une réaction de l’entreprise, pas une validation. Mais les conclusions de cette enquête ne sont pas publiques.
Pour les questions syndicales, le schéma est similaire : des faits sont documentés, des plaintes existent, mais le lien direct avec des orientations décidées par la direction générale reste à établir.
Ce que les avis salariés disent de l’ambiance chez Leroy Merlin
Sur des plateformes comme Glassdoor, les retours d’anciens et d’actuels salariés de Leroy Merlin dessinent une image contrastée. Les témoignages positifs portent souvent sur l’ambiance en magasin, tandis que les critiques visent la pression des objectifs ou la gestion des plannings.
Ces avis reflètent une réalité construite sur des années, bien avant toute nomination récente. Les problèmes structurels d’une grande enseigne ne s’installent pas en quelques mois, et ne disparaissent pas non plus aussi vite.
C’est peut-être là le reproche le plus fondé qu’on puisse adresser à une nouvelle direction : pas d’avoir créé les problèmes existants, mais de savoir ou non les traiter avec sérieux et transparence.
Le mandat d’Agathe Monpays à la tête de Leroy Merlin France reste récent. Les décisions qui lui sont clairement attribuables demeurent peu documentées dans l’espace public. Ce que les controverses en ligne regroupent sous son nom mêle des faits locaux anciens, des dossiers syndicaux en cours et des choix de communication qui, eux, relèvent bien de la direction générale.

